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Tablemots

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Tableaux de mots, mots en tableaux, c'est le blog de Sogsine... D'abord de l'écriture en forme de nouvelles ou de poèmes. Et puis, en pointillés, quelques échos d'une petite ville de province ... ou parfois d'ailleurs et que je signe de mon nom, Gérard Silighini... Gérard et Sogsine, deux facettes d'une même personne


L'âme des migrants est-elle toujours Bleu-Océan

Publié par sogsine sur 13 Juillet 2019, 12:10pm

Catégories : #, poèmes, #Poésie... ici et ailleurs

 Sur l’horizon là où ciel et mer se dévorent
En blanches dentelles qui écorchent le bleu,
Déroulent des copeaux aux reflets langoureux,
Le bateau somnole, voile tombant dehors.

Mais ce vague chiffon, est-ce encore une voile
Qui fouette le flot, délaissé par les vents,
Abandonné aussi des quelques survivants
Affalés sur le pont à l’ombre d’une toile ?

Les corps enchevêtrés, les yeux brûlés de sel,
Les couleurs de la boue qui se mêle au brouillard,
La coque se fait tranchée, et les hommes vieillards.
Mais au fond brille encore une tache de ciel.

Son boubou a gardé les couleurs de l’azur.
Elle berce un enfant dont la tête dodeline
Et que la mort a peint de nuances opalines.
Elle égrène sa vie en un triste murmure.

Elle a rêvé l’occident, d’abord pour son enfant.
Elle a rêvé l’occident, le bonheur d’une pluie
Qui vous lave le corps et apaise les nuits.
Vivre enfin, vivre un monde moins étouffant.

Elle a bien trop souffert, et vendu sa jeunesse,
Accepté des caresses, des gestes dégradants,
Regard éteint, tête vide, serrant les dents
Dans les bras de soudards abusant sa détresse.

Elle ne pleure pas. Elle n’a plus de rêves.
A quoi bon arroser des fleurs déjà fanées.
Elle a moins de vingt ans et se sait condamnée.
Elle étreint son enfant et doucement se lève.

Noyé dans le flot l’azur se teinte d'iris,
Le boubou lentement sombre vers les abysses.

L'âme des migrants est-elle toujours bleu-océan ?
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I
Beau poème. On voudrait tellement que l'âme des migrants aient la couleur de la terre qui les accueille.
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