22 Avril 2026
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Ma chère Elise,
Une victoire microscopique hier soir au conseil communautaire. Notre liste pour la composition de la commission d’appel d’offres a recueilli 19 voix et remporté un siège de titulaire qu’occupera Didier Cretot, le maire de Gravigny, ainsi qu’une suppléance que j’occuperai moi-même. Au moins serons-nous ainsi informés au plus près du déroulé des grands dossiers d’investissement.
Pour le reste, la litanie des représentations a continué de s’égrener sans grande ouverture de la part d’une majorité qui, de plus en plus, s’affirme comme clan. J’observe en effet qu’elle se soude davantage autour du pouvoir que lui accorde le conseil que d’un projet qu’elle partagerait avec lui.
Le soulignent particulièrement le mépris à peine voilé dans les réponses venues de la tribune en direction d’opposants réels ou supposés. Il était particulièrement visible par exemple dans la diatribe de Driss Ettazaoui en réponse à Samuel Brigantino. C’est tout juste s’il ne lui a pas reproché, comme le faisaient autrefois les patriarches à leurs fils trop revendicatifs, de n’être pas encore sec derrière les oreilles. C’était presque sous-jacent, et particulièrement inconvenant. Je ne crois pas en effet, quels que soient les désaccords politiques que j’ai avec lui, que Samuel Brigantino ait grand-chose à prouver.
Sur le vote du budget, je me suis abstenu . Ce n’est que le premier de la mandature. Une sorte de budget 0 qui ne fait que constater ce que l’on savait déjà de l’endettement, de l’insuffisance des crédits que l’on peut débloquer pour le quotidien, pour l’entretien de la voirie par exemple. Les un peu plus de 4 millions prévus ne permettraient guère la réfection que d’une quinzaine de kilomètres (décaissage et enrobé). A l’échelle de l’agglomération, ce n’est pas grand-chose.
Mon abstention d’hier, Elise, avait le sens d’un « j’attends de voir » dans le contexte de mon retour dans un conseil largement renouvelé et le début d'une mandature. Mais je crains fort que les prochains budgets ne répondent guère à cette attente. Et je voterai alors résolument contre.
Si l’on a bien évoqué en effet vendredi en commission, et de façon plus superficielle hier soir, la mise en œuvre nécessaire d’une réflexion sur les compétences de l’agglo, je ne suis pas certain que cela se traduise par la construction d’un projet plus global. Pas certain non plus que l’installation du conseil de développement qui doit associer les forces vives du territoire à cette construction soit bien inscrite dans les priorités du bureau communautaire. Et pourtant nous en avons besoin.
Au-delà de cette abstention, je suis intervenu plus précisément sur deux points saillants du programme que nous portons avec Evreux en Commun.
Le prix de l’eau d’abord, qui augmente de 4% et qui augmentera encore à n’en pas douter.
Cette augmentation, nous ne pouvions que la constater hier soir puisqu’elle a été votée à la fin de la mandature précédente. J’ai demandé qu’on en neutralise l’impact sur les familles par l’introduction d’un prix du m3 qui soit progressif. Dans notre programme, il s’agit même d’établir la gratuité pour les premiers m3, ceux qui sont vitaux. Et je n’ai pas d’états d’âme si, pour ce faire, il faut augmenter le prix de l’eau qui sert à remplir les piscines.
Il semble en définitive que, sans accepter la gratuité, monsieur Lefrand ne rejette pas a priori l’idée d’une progressivité du tarif. Sans doute faudra-t-il le relancer pour que cela se concrétise.
Puis j’ai abordé la question des transports, refusant avec notre groupe de voter les augmentations qui sont prévues. C’est que notre programme veut tendre vers la gratuité - et non l’inverse -, comme l’ont réalisé avant nous des communautés d’agglomération comme celles de Dunkerque, Niort, Chateauroux …
Sur ce sujet je n’ai pas eu le sentiment qu’il y ait à EPN le début de l’ombre d’un soupçon d’adhésion.
Le vice-président chargé de la compétence m’a expliqué qu’il avait le regard fixé sur le ratio Recettes/dépenses et la nécessité de le maintenir au-dessus des 10 % sous peine de ne plus pouvoir récupérer la TVA sur les dépenses etc. etc.
J’en ai déduit qu'il pensait la gratuité impossible... Et qu’il était urgent qu’il en fasse prendre conscience à toutes ces agglomérations qui l’ont pourtant réussi cet impossible.
Bien à toi