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Drôle de pièce dans le petit théatre municipal

Ma chère Elise,

J’étais heureux que tu aies assisté au conseil municipal hier soir. Cette ambiance particulière, tu ne la connaissais finalement qu’au travers de mes récits. Entendre les débats en direct, en observer les acteurs, c’est tout à fait autre chose. Et l’étonnement de ton regard m’importe et m’apporte beaucoup.
Il y a eu d’abord le débat des orientations budgétaires, et l’introduction que lui a donnée Guillaume Rouger, le nouvel adjoint aux finances qui a tenté de nous convaincre des vertus de la trajectoire donnée à la ville durant le mandat précédent qu’il critiquait pourtant encore il n’y a pas si longtemps. 
Ce que tu as retenu comme ligne directrice de son propos m’as-tu dit, c’est que le désendettement de la ville serait l’alpha et l’oméga de toute politique financière publique. Mais tu penses pour ta part que, s’agissant d’une commune, financer un équipement pour partie par l’emprunt ne fait qu’en répartir la charge entre les contribuables qui sont là aujourd’hui et  ne le seront peut-être plus demain. et ceux qui bénéficieront demain de l'équipement et qui ne sont pas encore là aujourd'hui.
Rien de vraiment injuste finalement. Et ta lecture de la dette d’une commune me paraît frappée au coin du bon sens, tant que les contraintes de son remboursement demeurent soutenables bien évidemment. 

Il faut rechercher les bons équilibres et garder en ligne de mire la qualité du service public.

S’agissant de la partie du conseil consacrée à la désignation de collègues dans quelques instances internes ou pour représenter la ville dans quelques institutions, les votes t’ont étonnée pour certains.
Au-delà du théâtre, ou même de la mauvaise farce, c'est une répartition compliquée qui s’est jouée entre une majorité qui veut, bien évidemment, demeurer majoritaire partout et une minorité fractionnée et qui  se divise concrètement aujourd’hui en deux groupes et non plus trois.
Samedi en effet, elle se répartissait déjà entre celles et ceux qui, au moment de l’élection du maire, ont voté  pour Samuel Brigantino, et celles et ceux qui ont choisi de voter blanc. 
La situation aurait pu n’être que provisoire. Mais c'est la même géographie qui s’est dessinée hier au moment des désignations. D’un côté l’union des votes de la liste Brigantino avec ceux de la liste Rassemblement National, et de l’autre les votes de mon groupe, soutenus à trois reprises par la majorité qui, bien singulièrement, prenait parti et choisissait en quelque sorte “son” opposition.
C’est difficile à comprendre si on ne se souvient pas que le refus de l’ extrême droite est une posture politique constante chez Guy Lefrand. C'est ce qui l’a d’ailleurs conduit à quitter son parti, lorsque monsieur Ciotti faisait sauter les barrières qui le séparaient du rassemblement national. Et c’est sans doute ce qui l’a conduit hier, non pas à nous soutenir, mais à écarter des candidatures qui étaient portées ou soutenues par l’extrême droite.
Dans mon dernier post, je me questionnais, Elise, sur l’émergence au conseil municipal d’une “micro nébuleuse des populismes” qui rassemblerait les élus de la liste de Samuel Brigantino et ceux de la liste d’Eugénie Petitjean.  Le petit théâtre de ces désignations me renforce dans cette impression. Après tout, ce n’est pas une hypothèse absurde. J’avais pris le temps durant la campagne de regarder la vidéo qu’avait réalisée Mme Le Pen en soutien de madame Petitjean. En appui fort sur les questions de sécurité et de fiscalité, elle aurait tout aussi bien fonctionné en soutien de monsieur Brigantino.
Reste à savoir à présent si cette nébuleuse sera durable et si elle ne débordera pas, hors les murs de la scène ébroïcienne,  sur l’élection du président et du bureau de l’agglomération mardi prochain.

J’ai peine à l'imaginer mais … 

Bien à toi

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M
Chère Élise, très chère inconnue, <br /> <br /> Sans le savoir et sans se connaître, j’étais présent, tout comme vous, à ce conseil municipal.<br /> C’était « presque » une première fois. <br /> J’avoue y avoir assisté, il y a bien longtemps mais l’intensité théâtrale était différente et en tout cas le jeu des différents acteurs moins intéressant. <br /> <br /> Cette introduction au débat budgétaire a mis en lumière la préparation professionnelle de certains et l’amateurisme d’autres.<br /> Je ne me prononce pas sur la pertinence des propos mais l’idée que nous avions, nous simples citoyens d’Évreux, échappé au pire m’a traversé l’esprit. <br /> <br /> Les 2 « G » ont fait preuve d’amabilités républicaines et mis le débat au niveau qu’il fallait.<br /> Les « autres » ont fait comme ils ont pu, mais surtout démontré que l’on n’improvise pas quand il s’agit de conduire les affaires publiques.<br /> <br /> Si il fallait user d’une seule phrase pour résumer ce conseil : <br /> <br /> « L’intelligence artificielle ne peut rien face au manque d’intelligence politique des candidats ou de leurs affidés ! » <br /> <br /> Évreux a voté et le résultat est là, incontestable.<br /> <br /> Et si plus de 40% des ébroïciens ont boudé les urnes, c’est peut-être qu’à l’inverse de certains candidats, ils vivent dans le réel, et précisément n’en peuvent plus des politiciens-influenceurs connectés à Facebook, Instagram ou à l’IA, vomissant leur haine jusqu’à l’écœurement et si peu connectés à la réalité des citoyens.<br /> <br /> Le plus stupéfiant dans tout ceci, ma très chère Élise, étant que depuis quelques années, chacun était pleinement conscient que notre ville était le théâtre d’un affrontement souterrain entre des courtisans-rentiers de la politique, pensant renverser la table à la prochaine élection pour le compte de leur soif de revanche et affûtant les couteaux de la trahison tout en allant à la soupe jusqu’à l’ultime moment, un bénéfice est toujours bon à prendre ! <br /> <br /> Y’a t’il une morale à cette histoire ? … j’en doute tant les mœurs complexes de nos politiques dépassent souvent l’imagination du citoyen de base. <br /> <br /> Il faut cependant espérer que la conduite de notre bonne ville se fasse entre hommes de bonne volonté et que le dépassement de soi pour servir notre cité soit au-dessus des petits calculs.<br /> <br /> Avec mes salutations fraternelles et citoyennes. <br /> <br /> Maurizio
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