14 Avril 2026
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Ma chère Elise,
Il est fascinant le petit monde de l’après municipales.
C’était budget hier soir, non plus en commission restreinte comme vendredi soir, mais dans le grand théâtre de la salle du conseil.
Vendredi – Je crois que je ne te l’avais pas dit - j’ai présenté ma candidature à la présidence de la commission des finances. Et madame Combes-Mathieu, de la liste Brigantino a fait de même. Nous n’avons ni l’un ni l’autre été élus, comme il fallait s’y attendre ou comme si la majorité, qui se refuse à nous laisser le moindre angle de vue sur son action, avait quelque chose à cacher. C’est donc l’adjoint aux finances qui préside, évidemment.
Il était d’ailleurs fascinant, hier, l’adjoint aux finances, et un peu seul aussi à essuyer la charge des oppositions lorsqu’il a présenté le budget. Il y a eu d’abord celle, étonnante, de Samuel Brigantino. Etonnante non pas sur le fond, ni sur le ton. C’est juste qu’il a lu son texte sans avoir laissé le temps à Guillaume Rouger de commencer sa présentation. La réponse avant la question
Je suis intervenu moi-aussi, tu t’en doutes bien, pour dénoncer l’omission, par Guy Lefrand, dans son bilan durant sa campagne, et par Guillaume Rouger dans sa présentation du budget, de 4,5 millions d’emprunt qui seront tirés dans le cadre des restes à réaliser.
Sans entrer trop dans la technique, cela veut dire que, pour des raisons diverses, l’ensemble des travaux prévus n’a pas été terminé au 31 décembre 2025 et qu’ils ne seront achevés que dans les premiers mois de 2026. Cela veut dire en corollaire que 4,5 millions d’un emprunt souscrit pour financer ces travaux n’ont pas encore été décaissés, qu’ils le seront immanquablement, mais qu’on a préféré les taire.
Cela signifie surtout que monsieur Lefrand, dans son bilan, se glorifie d’avoir désendetté la ville mais qu’il ne l’aura fait en réalité que … le temps d’une campagne électorale.
Rien d’illégal dans tout cela, mais rien de très transparent non plus.
Il est fascinant le petit monde de l’après municipale et le silence des conseillers de la majorité qui ne s’expriment que par leurs mains levées d’un même élan pour des votes à la manière d’un grand « Jacques a dit … ».
Il est fascinant le petit monde de l’après municipales avec des questions qui demeurent sans réponse, des provocations qui reviennent en boomerang et de plates invectives que l’on aurait préférées truculentes à la façon d’un Michel Audiard.
J'ai eu l'impression, hier soir ma chère Elise, que le maire d’Evreux avait déjà oublié qu’il a été élu au terme d’une quadrangulaire boudée par la moitié des électeurs, sans adhésion réelle à son programme, au terme aussi d’une campagne de communication pas toujours dans les clous de notre très laïque république. Madame Combes-Mathieu l’a d’ailleurs interpellé hier en tout début du conseil sur son discours aux « croyants », à la mosquée, quelques jours avant le scrutin.
Ils auront alors été fascinants, le silence de monsieur Lefrand, et son rappel au règlement et à l’ordre du jour.
Bien à toi