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Librairie Gibert, clap de fin ?

Ma chère Elise,

 

Me voilà rentré, après une dernière escapade à Villers sur mer. Le temps nous offre à présent une chaleur agréable après un été qui a commencé de nous préparer à ce que sera le climat dans l’avenir si l’humanité ne prend pas rapidement des mesures drastiques à l’inverse d’un libéralisme qui ne veut pas marquer le pas.

Mais ce n’est pas de cela que je suis venu te parler aujourd’hui mon Elise. C’est de la librairie Gibert qui organisait samedi dernier son « pot d’adieu » à Evreux.

Il ne s’est pas trouvé de repreneur jusqu’à présent et l’établissement, seule librairie généraliste du centre-ville, va fermer.

C’est inacceptable.

Quelle qu’en soit l’enseigne (Je l’avais connue Drouhet avant que d’être Gibert) Evreux ne peut se passer d’une librairie dans le cœur de ville et qui soit l’une des locomotives de sa vie culturelle. Il ne s’agit pas que de fournir des livres et des stylos. Il s’agit aussi de favoriser des rencontres entre des auteurs et leurs lecteurs, d’organiser des micro conférences. Il s’agit de proposer de la littérature en écho aux événements théâtraux, cinématographiques, musicaux etc. et, ce faisant, de les amplifier. 

Une librairie, ce n’est pas un commerce comme les autres, particulièrement dans une ville qui ne parviendra pas à revitaliser son centre sans faire pour de bon le pari de la culture. Et je ne suis pas certain qu’en cela, Elise, la municipalité développe aujourd’hui une politique bien structurée.

S’agissant de la librairie Gibert et de sa liquidation judiciaire annoncée, j’avais écrit au Maire de la ville il y a une quinzaine de jours, au titre de ma présidence du groupe municipal Evreux En Commun.

Dans ma lettre, j’évoquais quelques hypothèses qui puissent maintenir l’activité et, en particulier, une structure coopérative dans laquelle la ville aurait pu s’impliquer. J’y soulignais également deux des leviers dont dispose la collectivité qui, tu le sais, est propriétaire des locaux de la librairie.

J’y suggérais aussi une rencontre des présidents des groupes municipaux et, pourquoi pas un conseil municipal extraordinaire. La quête d’une sorte « d’union sacrée » pour le maintien d’une librairie généraliste au centre-ville. Il n’est pas interdit de rêver… Je parle là bien évidemment de « l’union sacrée ». Je ne veux pas croire en effet que le maintien d’une librairie ne soit qu’un rêve.

Quinze jours plus tard, j’attends toujours une réponse formelle du Maire. Je l’ai croisé au détour d’une inauguration. Il m’a très courtoisement assuré qu’il aurait un repreneur pour la librairie, comme il l’a déjà évoqué dans la presse. Mais il n’a donné aucun détail qui puisse garantir une solution durable.

J’aurais préféré un échange plus large, que l’on étudie des hypothèses et la place et/ou les concessions que la mairie serait prête à prendre pour s’assurer d’une solution qui soit vraiment pérenne, et pour favoriser l’implication, dans la vie culturelle de la cité, de la nouvelle structure qui se mettrait en place.

Je veux bien l’espérer encore. Mais je crains, ma chère Elise, que le maire n’ait décidément oublié que la quadrangulaire qui l’a maintenu aux affaires, sans que son projet ne soit en revanche acclamé par les Ebroïciens, l’oblige à un dialogue permanent avec l’ensemble de la représentation municipale … Et au-delà d’ailleurs, avec le souci constant d’une démocratie locale qui soit plus participative.

Bien à toi

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