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Tablemots

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Tableaux de mots, mots en tableaux, c'est le blog de Sogsine... D'abord de l'écriture en forme de nouvelles ou de poèmes. Et puis, en pointillés, quelques échos d'une petite ville de province ... ou parfois d'ailleurs et que je signe de mon nom, Gérard Silighini... Gérard et Sogsine, deux facettes d'une même personne


Lefrand vire ses adjoints ou la polka des brebis

Publié par Gérard Silighini sur 20 Octobre 2018, 14:01pm

Catégories : #, blog, #Blog... Petite chronique ébroïcienne, #humeur

« Lefrand vire ses adjoints », titre Paris Normandie qui nous expliquait pourtant la veille qu’un compromis avait été trouvé entre les onze frondeurs de la majorité municipale et le pasteur sévère qui la cornaque.

Ou bien la rédaction de Paris Normandie serait addict aux scoops, au point de ne pas prendre le temps de vérifier les informations qu’elle publie, ou bien le bon pasteur Lefrand théâtralise à plaisir le conflit qui l’oppose à une partie de sa majorité, ce qui me paraît tout de même bien plus probable.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire d’Evreux que des adjoints (ou des vice-présidents) perdent leur délégation. Rolland Plaisance en avait sorti un, Jean Louis Debré deux et Michel Champredon trois. Mais c’est la première fois qu’un désaccord entre le maire et son adjoint aux finances s’exprime de façon aussi radicale, avant même le débat budgétaire. C’est bien en effet du budget d’Evreux qu’il s’agit et je crains que tout ce théâtre, toutes ces gesticulations ne visent finalement qu’à tenter de masquer sa fragilité qu’a accentuée monsieur Lefrand en moins de cinq ans.

Je ne néglige pas la part de politicaillerie qu’il y a derrière ce conflit entre deux « Droite » qui, pour le reste se rejoignent largement, même s’il y a sans doute quelques véritables divergences entre elles. Composée pour partie d’une poignée de petits notables, d’un gros zeste de la machine de guerre des Républicains bâtie par Bruno Lemaire, de quelques bonnes volontés et d’un quarteron d’opportunistes, la liste de monsieur Lefrand ne pouvait pas tenir beaucoup plus longtemps que celle de son prédécesseur, même si, jusqu’à présent, ses membres s’étaient évertués à pratiquer la posture du godillot plus que les vertus du débat public.

Et c’est peut-être cette attitude d’ailleurs qui aura conduit la ville au bord de la catastrophe financière.

A force de faire bloc, au moins en façade, d’abord contre la municipalité précédente que l’on venait de battre et que l’on voulait écraser, puis contre les arguments d’une opposition effarée par les politiques mises en place, les godillots silencieux de la majorité municipale auront laissé sans contrôle le fameux « pragmatisme » de monsieur Lefrand, c’est-à-dire une stratégie du coup par coup, qui se dispense de toute vision d’ensemble et se garde bien de se projeter vers demain.

Voilà comment aujourd’hui les Ebroïciens découvrent soudainement une municipalité fracturée et une situation budgétaire d’autant plus préoccupante que les perspectives d’investissement et d’endettement à terme sont floues pour ne pas dire totalement opaques... Et à dix-huit mois des élections prochaines, et des surenchères qu’il faut malheureusement en attendre,  il y a peu de chances que cela s’arrange.

Finalement, loin de réveiller Evreux, comme elle prétendait le faire , la municipalité Lefrand vient de l’assommer. Quant aux « marcheurs-frondeurs » tout neufs qui aujourd’hui s’en détachent, je ne crois pas qu’ils soient en mesure de la réanimer. Encore faudrait-il en effet pour cela qu’ils bâtissent avec les habitants un projet pour la ville et ne se mettent pas juste à marcher au pas du macronisme après avoir dansé en gros sabots la polka du « pragmalefrandisme ».

 

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