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Tablemots

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Tableaux de mots, mots en tableaux, c'est le blog de Sogsine... D'abord de l'écriture en forme de nouvelles ou de poèmes. Et puis, en pointillés, quelques échos d'une petite ville de province ... ou parfois d'ailleurs et que je signe de mon nom, Gérard Silighini... Gérard et Sogsine, deux facettes d'une même personne


Pagaille en ville, dans la majorité, dans les finances

Publié par Gérard Silighini sur 3 Octobre 2018, 21:27pm

Catégories : #, blog, #Blog... Petite chronique ébroïcienne, #humeur

Ça y est, ils sont sortis du bois.

Qui donc ? Les frondeurs. Onze pour l’instant.

Ils pourraient constituer une équipe de foot et provoquer en tournoi quelques fidèles au maire d’Evreux . Ça aurait de la gueule un débat budgétaire en protège-tibias sur le stade Jean Bouin.

Je n’ai pas lu l’intégralité du courrier qu’ils ont envoyé.  Juste les extraits publiés par la presse. J’ai en revanche vu le Maire ce soir aux infos sur FR3. Filmé en presque contre-plongée, impérial sur le perron de l’hôtel de ville, il désignait de la main, ou plutôt il embrassait le chantier de la place de l’hôtel de ville : « Circulez, semblait-il dire, vous voyez bien qu’il n’y a rien à voir ! »

Mais précisément, sur la place de l’hôtel de ville, c’est une sacrée pagaille et ça ne circule pas. C’est une sacrée pagaille partout en ville, mais ce n’est rien à coté de la pagaille dans les finances de la ville.

C’est que dans l’équipe de foot des frondeurs, il y a même l’adjoint aux finances, désespéré de ce qu’aucune de ses alertes ne soit entendues. Il n’a pas le beau rôle l’adjoint aux finances. Il voit filer les dépenses, se creuser les déficits et gonfler les emprunts. Et il lui faut pourtant défendre chaque année un budget auquel il ne croit plus. Chaque année une poignée de couleuvres de plus qu’il lui faut avaler.  Et qui sait si, au bout du compte, le maire ne tentera pas de le griller comme un vieux fusible !

Et puis il y en a d’autres dans la belle équipe. Des connus, des moins connus. Mais tous, craché juré, étaient sûrs en arrivant que le maire mènerait une vraie politique de droite, bien basique, celle qui privatise, celle qui limite les solidarités, qui met au pas les associations, qui veut canaliser la culture et lui donner le la. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils sont venus.

Tous étaient convaincus qu’une gestion de droite, c’est une gestion de bon père de famille, je veux dire de bon patriarche de la bourgeoisie. Et voilà que le maire est atteint de la folie des grandeurs, qu’il dépense à tout va, soi-disant pour l’attractivité de la ville… Il veut de belles places, de belles rues, de belles façades…

 La façade, voilà pourquoi il dépense des millions quand il y a tant d’autres besoins.  Besoin que les enfants réussissent à l’école et qu’ils y aient le sourire, besoin que les malades trouvent des médecins, près de chez eux, dans les quartiers comme au centre-ville, besoin de renforcer les solidarités, en soutenant le monde associatif ou encore autour des jardins familiaux par exemple ou de jardins de bas d’immeuble, besoin de…  Besoin de tout simplement construire de la ville, c’est-à-dire de la vie.

Mais est-ce bien cela que disent les frondeurs ?

Je n’en suis pas vraiment convaincu. Je crains qu’ils ne continuent de fantasmer sur la politique de droite basique dont ils rêvaient au début et qu’ils n'engagent surtout de grandes manœuvres électorales. Les « Marcheurs » de l’intérieur vont rejoindre les « Marcheurs" du dehors . Et quelques personnalités réputées macronocompatibles ne manqueront pas de leur offrir leurs services…

Cela dit, je me garderais bien de faire quelque pari que ce soit sur le match qui va les opposer au petit cercle des amis de monsieur Lefrand.

D’ici les prochaines municipales, je ne suis pas sûr en effet que monsieur Macron et les marcheurs soient encore des labels bien vendeurs. Et j’ai aussi  passé suffisamment de temps à observer le microcosme politique pour savoir à quel point on y sait retomber sur ses pattes, même au prix des contorsions les plus improbables. J'en connais même quelques spécialistes.

En tout cas, à Evreux, le temps des promesses est passé. La municipalité Lefrand met une pagaille sans nom et je ne pense pas que ce soit pour réveiller la ville comme elle prétendait le faire. Je ne doute pas d'ailleurs qu’en son sein, que ce soit parmi les frondeurs ou pas, il y ait, quelques personnes qui aujourd’hui soient amères et qui aient le sentiment d’avoir été manipulées.

Mais ce qui m’afflige d'abord, c’est que pour les habitants d'Evreux, pour tous les habitants d'Evreux, il y a une fois encore tant d’attentes déçues, tant d'amertume qu'ils vont finir par ne plus croire bientôt en la politique… ou pire encore, en la République.

 

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Quennehen thierry 04/10/2018 07:14

Excellent, comme d'habitude!

04/10/2018 10:21

De ta part le compliment me fait très plaisir

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