12 Septembre 2025
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Ma chère Elise,
Le coronavirus s’est invité chez moi. C’est peut-être au forum des associations que je l’aurai croisé. Toujours est-il que depuis quatre jours aujourd’hui, ma température refuse de vraiment baisser et que mon médecin m’a prescrit un antiviral.
« C’est que tu es à risque, m’a-t-elle dit en souriant après que je lui avais suggéré qu’avec un peu de paracétamol et de la patience … »
Elle me rappelait ainsi gentiment mon âge dont j’ai souvent du mal à me souvenir vraiment, ou alors avec étonnement. Parce que tant que j’ai des rêves, l’énergie de les porter et de vouloir les réaliser, qu’importent les années !
Sur les commentaires du nouvel article qu’a mis en ligne la Dépêche article qu’a mis en ligne la Dépêche et qui évoque ma candidature possible aux municipales, c’est d’ailleurs un élément que pour l’instant on ne souligne que très peu. Après tout, mes adversaires politiques sont plutôt à droite, et ils s’évertuent à relever le plus possible l’âge de départ à la retraite, lorgnant avec envie sur le Danemark et ses bientôt soixante-dix ans d’âge légal. Il serait donc paradoxal qu’ils me reprochent d’accepter de reprendre de l’activité aujourd’hui.
On y parle en revanche un peu des finances de la ville et de la dette, rappelant que j'ai été adjoint aux finances de 2008 à 2014. Mais là aussi, sans virulence excessive, à l’exception de quelques anonymes qui se défoulent par principe ou par habitude. La courtoisie n'est pas toujours de règle sur les réseaux sociaux, tu le sais bien ma chère Elise.
S'agissant des finances donc, c’est surtout la dette de la ville que l’on évoque, en oubliant peut-être d’ailleurs qu’elle n’est pas de même nature que celle du pays dont on a beaucoup parlé ces derniers temps. La dette d’une collectivité correspond en effet à des investissements. Jamais à un déficit de fonctionnement. C’est toute la différence entre l’emprunt que l’on ferait pour acheter sa maison et celui que l’on serait contraint de faire pour payer sa facture d'électricité.
Mais je ne suis pas certain que mes adversaires à droite, et qui conduisent aujourd'hui les affaires de la ville auront plaisir à en parler
Si l’on considère en effet le niveau de la dette, sa structure (j’avais dû, après la crise financière de 2008, veiller à la « désensibiliser », c’est-à-dire à régler la question d’emprunts dit toxiques dont nous avions "hérité".) et sa soutenabilité, l'encours que j’ai laissé au compte administratif 2013, soit un peu moins de 81 millions est quasiment du même ordre que ce qui apparaît dix ans de gestion Lefrand plus tard (83 millions). Avec trois différences notables cependant :
La première est qu’il y a beaucoup moins de recettes en 2023 qu’en 2013 et que la dette qui représentait 87% de l’ensemble des recettes en 2013 en représente près de l’intégralité en 2023. C’est un peu comme un ménage qui verrait ses revenus baisser mais pas les traites qu’il doit payer. Cela devient rapidement préoccupant
La seconde différence, qui explique d'ailleurs la première, c'est l'élargissement du transfert des compétences à l’agglo. Cela se traduit par des dépenses que la ville n’a plus à faire, puisque c’est désormais l’agglo qui les prend en charge, et les recettes afférentes qu’elle ne perçoit plus. Cela n’aura curieusement pas empêché pas la dette de la ville de rester élevée, voire d'augmenter, cependant que celle de l’agglo aura littéralement explosé dans le même temps.
La troisième différence est que notre cité perd de sa population. Ce sont 5 000 habitants de moins entre 2013 et 2023 (chiffres comptes individuels des collectivités du ministère des finances). Et cela influe évidemment, entre autres choses, sur le niveau de la dette par habitant.
Le moins que l’on puisse dire est que, de ce point de vue, l’état des finances de la ville, et de l’agglo, est bien plus préoccupant aujourd’hui que lorsque la municipalité en place a commencé son premier mandat.
Je ne te parle de cela, ma chère Elise que parce que j’ai trouvé en ligne ces quelques rares commentaires qui évoquaient le temps où j’ai été adjoint aux finances. Mais je ne crois pas qu'il en reviendra trop souvent de similaires... La campagne à venir, à laquelle il n'est d'ailleurs pas encore tout à fait certain que je prenne part, n’aura sans doute plus grand chose à voir avec celle de 2014 que d'aucuns avaient axée sur ces questions.
Il y a eu en effet, entre les deux, onze années de politique …. Comment te dire ?
Mais voilà que mon agenda me rappelle que je suis invité à l'inauguration de l'exposition "mise en oeuvre" à la maison des Arts. Je vais malheureusement devoir m'abstenir. Coronavirus oblige. Je ne voudrais pas contaminer mes concitoyens.
Bien à toi