7 Septembre 2025
Ma chère Elise,
A qui d’autre que toi conter le plaisir que j’ai eu à déambuler dans les allées du forum des associations.
Je n’y étais pas seul.
Vendredi, durant deux heures, j'y ai accompagné le groupe d’opposition municipale plus que jamais « orphelin » de Timour. C’est qu’il s’agissait d’une des premières grandes manifestations à Evreux depuis qu’il a annoncé qu’il renonçait. Et puis, le forum des associations, c’est la vitrine de cet engagement citoyen ou tout simplement humain, que prennent des centaines de femmes et d’hommes pour construire les bases d’une ville solidaire. Un engagement sans nul doute essentiel, et qui contribue largement à la vitalité de notre cité.
Nous avons - et j’ai - bien des amis dans ce monde du bénévolat. Ah, ma chère Elise, ce bonheur que j'ai vécu de retrouver des personnes que je n'avais pas eu l’occasion de croiser depuis des mois, mais avec qui j'ai partagé cette impression d'un lien jamais dénoué. Et puis, ce plaisir étonnant et un peu coupable de m'entendre dire : “Alors c’est vrai ? Vous y allez”, et de répondre que rien n’est encore vraiment arrêté, mais que pourquoi pas. De découvrir surtout qu’au-delà du désir de continuer de me rendre utile à mes concitoyens, et après pourtant cinq ans d’absence de la vie publique, je ne détesterais pas, au contraire.
Samedi, c’est dans un groupe bien plus large que je suis venu m’insérer. Un temps organisé mais auquel les circonstances ont donné une tonalité particulière.
Il faut que je te précise qu’avec Timour, il avait été initialement prévu, pour ce forum, une action commune à toutes les sensibilités de Gauche, ou en tout cas au plus grand nombre. On avait même travaillé à un outil commun de communication, un tract ou d'autres modalités.
Et puis l’annonce de son départ a conduit chacun à songer à d’autres choses, à rechercher et à imaginer pour le rassemblement de la Gauche d’autres incarnations que lui. Mon nom commençait d’être évoqué, comme je te l’ai écrit dans mon billet précédent. Il ne choquait en rien la plupart des formations concernées, au contraire, à l’exception toutefois d’un petit groupe de socialistes qui soutient son jeune secrétaire dans sa démarche de “conquête” de la ville.
Je ne sais pas vraiment d’ailleurs s’ils sont ou pas majoritaires au sein de notre section, mais il s'agit, à l'échelle d'un rassemblement de la Gauche, d'un groupe de taille relativement limitée. Et de toutes façons, si l’on veut, comme ils semblent l’exiger, prendre un point de vue strictement statutaire, ce n’est pas formellement au niveau local qu’il appartient au bout du compte d'adouber le candidat pour les villes de plus de vingt mille habitants.
Mais j’en reviens à ce samedi.
Olivier avait pris l’initiative de lancer une déambulation commune, ce matin-là, dans les allées du forum. Il s’était assuré de ma présence et il n’avait pu que constater l’impossibilité à être là du secrétaire de la section socialiste. Quelques raisons majeures l’empêchent en effet d’être à Evreux pour une ou deux semaines.
Nous avons passé trois heures ensemble, à sillonner les allées et échanger avec les bénévoles présents, avec parfois des conversations tellement denses que se constituait presque un bouchon. Je crois bien que nous avons même, un moment, ralenti la progression de la représentation municipale officielle et nous avons changé d'allée. Trois heures donc passées, Elise, à mesurer les attentes du monde associatif. Quelques instants aussi à échanger entre nous.
J’ai eu l'impression que cette parenthèse dans ma vie ordinaire constituait un moment très particulier, plus encore que vendredi. D’abord parce que, comme la veille, je multipliais rencontres, retrouvailles et rires partagés. Ensuite parce que les représentants des formations politiques présentes avaient commencé de nouer un vrai dialogue avec moi, en toute confiance.
Que te dirai je d’autre de cette fin de semaine, sinon que, après quelques moments paisibles en famille, je garde le cap. Les premières heures de presque campagne que je viens de vivre renforcent ma décision de conduire la liste de la Gauche, si mon nom fait consensus bien sûr. Et s'il faut pour cela donner un peu de temps aux méditations personnelles et au dialogue des appareils politiques, prenons-le. Mais d’ores et déjà il faut être dans l'action. Sans attendre. La Gauche porte un projet bien vivant qu'elle doit à présent partager et mener à maturité avec les Ebroïciens. Pour ce faire, il n'y a plus de temps à perdre.
Bien à toi